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1918

NOCTURNE À PARIS

Lucie DELARUE-MARDRUS

D'une douceur de velours noir Malgré la force de la pierre, C'est notre grand Louvre de guerre Debout sur Paris sans lumière

Où meurent les pourpres du soir. Nous savons tout ce qui nous pèse, Les affres de ce grand moment, Pourtant, que passionnément

Nous l'aimons, actuellement, Ce Paris du temps de Louis treize ! La nuit a repris sa couleur, Sa forme que plus rien n'encombre.

Éteintes, les lunes sans nombre ! Les passants se perdent dans l'ombre, Et la Seine est toute pâleur. Après ces silhouettes noires,

Cette Seine et ce Louvre-là, Que tout sera brillant et plat, Un jour, dans l'insolent éclat Où se fêteront nos victoires !

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