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1908

NOCTURNE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Les branches noires de la nuit Plongent déjà dans le clair de lune, Mais au bout du sentier de la forêt qu’on suit, Rouge, un morceau de couchant brûle.

Le cœur un peu serré par le mystère, Au galop de nos mules ailées, Nous descendons vers les vallées, Vers la bouteille à l’encre des vallées,

Que ni ce couchant ni cette lune n’éclairent. O nuit ! Ne crains pas qu’au creux d’un tournant brille La constellation mauvaise d’une ville. Si l’horizon se fait plus clair,

C’est que nous rencontrons la mer.

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