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1908

NOCTURNE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Nuit sur le port. Signaux et feux Ont défait leur collier de lueurs dans l’eau verte. Un clapotis, autour des paquebots inertes, Les endort dans l’oubli du jour aventureux.

Les grandes barques repliées Dansent un peu le long du bassin sombre et clair Et tirent en craquant sur leurs cordes liées. Gomme ne pouvant pas se calmer de la mer.

Repos des horizons barbares. Berceuse de douceur planant sur les bassins… Et pourtant, dans la nuit, les clignements des phares Signifient tout le large et ses mauvais desseins.

— Dis ? Pourquoi ta tranquille eau verte', Mon petit port, a-t-elle une blessure au cœur ? Pourquoi, pourquoi ta quiétude est-elle ouverte Sur l’infini gonflé de joie et de douleur ?

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