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1920

MORTE…

Lucie DELARUE-MARDRUS

… Morte… La souffrance abattue. Le calme en elle pour toujours. Sur son lit elle va, deux jours, Devenir sa propre statue

Longue idole, dévotions Vers les mains de cire, la tête D'ivoire ; murmure de fête Et de félicitations

Quoi ?… Quelle épouvante physique ? — Voici la mort, vite des fleurs ! Pour ce visage sans couleurs, Cierges, bouquets, encens, musique !

Venez tous la voir ! C'est maman ! Très précieuse et bien coiffée Elle sourit, car la mort-fée L'a faite Belle au Bois Dormant

Pendant deux longs jours, autour d'elle On est venu pour la fêter. Elle était si coquette et belle, Que j'en concevais vanité

J'oubliais comme elle était morte, Avec quels yeux, toute l'horreur. Je lui souriais… — Oh ! stupeur Du cercueil debout à la porte !

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