Mon berger jaune et noir, tranché comme un drapeau,
Environne ma bicyclette,
Et sa vigilance inquiète
Garde un invisible troupeau.
Je vais. Il court devant et s'en revient bien vite,
Car je suis pour lui ses moutons.
Et, chaque fois que nous sortons,
Son humeur joyeuse m'invite.
« Viens ! Viens !… La vie est bonne et tentant le chemin.
Mon cœur bat ! Comme je m'amuse !
Je t'aime ! Fidèle et sans ruse,
Toute ma vie est dans ta main ! »
Il repart au galop jusqu'au bout de sa zone ;
Et moi je me sens le cœur gai,
Malgré mon rêve fatigué,
Rien qu'à voir son derrière jaune.