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1930

MODES

Lucie DELARUE-MARDRUS

Je vais en bas couleur de jambes, fins souliers, Robe droite à la taille excessivement basse Et si courte qu'on voit mes mollets déliés. Mes cheveux sont coupés sous mon chapeau cocasse.

Je suis la mode assez pour ne détonner point : Fourreaux de satin noir, foulards de teintes crues, Manteaux rudes de poils rayés ; de près, de loin, Mon passage élégant n'étonne pas les rues.

Le seul étonnement est en moi- Car je vois Cette époque où je vis d'avance décédée. Tout change. En souriant ils diront : « Autrefois ! » Ma toilette, à mes yeux, est déjà démodée.

On représentera sur des scènes cela, Et vous soupirerez, jeunes femmes câlines, Et songerez : « O charme exquis de ce temps-là ! » — Comme quand nous voyons danser des crinolines.

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