Mes bonnes routes qui s'en vont
Au bout de la campagne creuse,
Que j'aime leur couleur poudreuse
Entre les prés d'un vert profond !
Qu'avril fleurisse sur les choses,
Parmi mes routes de toujours,
Ou que les jours deviennent courts
Sur leurs feuilles jaunes et roses,
Mes bonnes routes du passé
Demeurent à jamais les mêmes,
Et voire en des heures suprêmes,
On croit que rien ne s'est passé
Mes bonnes routes, ligne claire,
J'y vais promener ma douleur,
Pour qu'elles disent à mon cœur :
« Tu sais, il n'y a pas de guerre… »