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1901

MARDI GRAS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Le Mardi gras passant, falot comme un fantoche, Met son faux-nez à l'huis, fait briller ses galons, Siffle un air, et chacun, sautant sur ses talons, Bâille et s'éveille avec une âme de gavroche.

Enflons de confetti quelque énorme sacoche ; Le labeur de demain paiera les violons ; Pendant trois jours entiers, vive la vie ! allons Déambuler avec la bonne humeur en poche !

Les masques ont au bras les dominos fleuris Et, sur l'arquelinade immense qu'est Paris, Une neige en papier tombe, multicolore. Cependant qu'imitant quelque souffle estival

Les serpentins fluets, comme une étrange flore, Font aux arbres d'hiver flotter le carnaval.

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