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1908

MANSOURTA

Lucie DELARUE-MARDRUS

Je garde en ma pensée et je n’oublierai point Une grotte marine, où, debout, haut la tête, Je regardais s’ouvrir et se fermer de loin Les mâchoires de la tempête.

Comme en un coquillage immense où se cacher. Toute seule j’entrais furtivement en elle. L’eau souterraine y sculpte à même le rocher Des cathédrales naturelles.

Au plus profond des creux d'architecture et d’eau. Ai-je cru voir ou vu, de mes yeux, la sirène Porter les bleus joyaux marins comme un fardeau Sur sa chair lisse de murène ?

Que sais-je ?… Par respect je n’ai pas effaré Celle dont le secret dans les trous d’eau se couche, Et je n’ai pas connu son peureux corps doré Ni le goût d’huître de sa bouche…

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