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1918

MALÉDICTION

Lucie DELARUE-MARDRUS

Non, la guerre, Allemands, ne vous permet pas tout ! Certes, Chaud-Fontaine et Hollogne Ne pouvaient pas rester debout. Mais incendier Reims quand vous avez Cologne !

Soyez maudits au nom de la divinité, Soyez maudits par la musique, Par l'art et la métaphysique, Soyez maudits par Bach, par Kant et par Gœthe !

Tout peut recommencer, rien n'est irréparable. Mais que Reims vers un divin sang, Quelque chose de tout puissant Vous punira d'avoir attaqué l'ineffable.

Vous qui boutez le feu dans la belle maison Que vénèrent toutes les races, Écoutez ! L'âme des rosaces Et l'âme de la pierre ont crié trahison.

C'en est fait ! Fils perdus du grave Charlemagne, Vous avez fini votre temps. Dieu même est dans les combattants, Salut à ton passé, moribonde Allemagne !

La cathédrale en feu s'écroule sous les coups, Le berceau des rois tremble et tombe, Mais, en nous penchant sur la tombe Nous trouverons un peuple enseveli dessous.

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