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1932

MAI

Lucie DELARUE-MARDRUS

Le mois de mai, comme je l'aime Avec ses feuilles en satin ! Jusqu'au soir, l'après-midi même reste aussi frais que le matin.

C'est le départ pour la merveille. Le cœur palpite, l'âme court. Et se dire que chaque jour Est un jour plus long que la veille !

Se dire qu'aux rosiers il est Des roses pas encore nées, Que, dans les branches effrénées, La sève monte comme un lait !

La terre, enceinte de semence, Va faire d'autres fleurs encor. O mai ! Le monde recommence Tout comme si rien n'était mort.

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