Le mois de mai, comme je l'aime
Avec ses feuilles en satin !
Jusqu'au soir, l'après-midi même
reste aussi frais que le matin.
C'est le départ pour la merveille.
Le cœur palpite, l'âme court.
Et se dire que chaque jour
Est un jour plus long que la veille !
Se dire qu'aux rosiers il est
Des roses pas encore nées,
Que, dans les branches effrénées,
La sève monte comme un lait !
La terre, enceinte de semence,
Va faire d'autres fleurs encor.
O mai ! Le monde recommence
Tout comme si rien n'était mort.