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1930

MAI

Lucie DELARUE-MARDRUS

Mon âme sans désirs repose en plein printemps. Oh ! gosiers des oiseaux, petits rires de joie ! Les pâquerettes font dans l'herbage une voie Lactée, et tous les coins où l'on va sont tentants.

Les pommiers tortueux, crochus, gonflés de bosses, Redeviennent chacun un panier parfumé, Virginale blancheur, long cortège des noces De la terre normande avec le mois de Mai.

Dans un peu d'ombre il traîne encore des jacinthes. Un grand mystère couve au tournant du sous-bois. Les arbres, brouillard vert, sont roucoulants de plaintes. — Faut-il que le printemps m'étonne à chaque fois !

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