L'épouvante et l'étonnement
De sentir cette forme humaine
Qui me limite et qui me mène,
Font parfois mon regard dément.
Aussitôt que je serai seule
Commencera le cauchemar :
Vouloir soulever cette meule
Pour fuir, m'en aller autre part.
Je sens aux parois de mes tempes
Des milliards d'astres tourner.
Dans mon esprit emprisonné
Filtre un frôlement de ces lampes.
Da chambre est pleine d'univers.
De système solaire accable
Mon humanité misérable
Qui hurle à la mort au travers.
Certains soirs je vais tout comprendre,
Je vais enfin devenir Dieu !
Tison qui couve sous la cendre,
Mon esprit va créer le feu.
Est-ce mourir que je souhaite ?
Je n'en peux plus, je n'en peux plus
De ne hanter qu'une planète
Dont tous les chapitres sont lus.
Venez me sauver, art, musique,
Travail, étude, passe-temps,
Que j'oublie, ô soirs sanglotants,
La pauvre horreur d'être physique !