Skip to content
1918

LES GARDIENS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Il faut qu'à l'heure où se déchaîne Le grand ouragan masculin, Quelqu'un, à l'écart de la haine, Continue à filer le lin.

La maison sera-t-elle vide Parce qu'on meurt à l'horizon ? Face à la grande guerre avide, Nous, nous soignerons la maison.

Aux jours de deuil, aux jours de fête, Que chacun veille sur les siens. Veillez, inventeurs et poètes, Artistes et musiciens.

Quand la frontière saigne et crie, C'est pour le sol que l'on se bat. Mais, à l'heure du grand débat, Vous êtes aussi la patrie.

Lorsque nos soldats triomphants Reviendront, nous, foule subtile, Leur présentant science, art, style, Nous dirons : « Voici vos enfants ! »

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LES GARDIENS · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove