Il faut qu'à l'heure où se déchaîne
Le grand ouragan masculin,
Quelqu'un, à l'écart de la haine,
Continue à filer le lin.
La maison sera-t-elle vide
Parce qu'on meurt à l'horizon ?
Face à la grande guerre avide,
Nous, nous soignerons la maison.
Aux jours de deuil, aux jours de fête,
Que chacun veille sur les siens.
Veillez, inventeurs et poètes,
Artistes et musiciens.
Quand la frontière saigne et crie,
C'est pour le sol que l'on se bat.
Mais, à l'heure du grand débat,
Vous êtes aussi la patrie.
Lorsque nos soldats triomphants
Reviendront, nous, foule subtile,
Leur présentant science, art, style,
Nous dirons : « Voici vos enfants ! »