Skip to content
1905

LES CHALANDS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Aux tournants troubles de la Seine, mes chalands Avec leurs mariniers blonds et roux à l'arrière, Défilent sous mes yeux, à la remorque, lents, Un pot de fleurs à leurs fenêtres batelières.

J'aime les regarder, bien chargés, bien fournis. Ils sont assis sur leur reflet quand ils s'arrêtent, Et l'eau douce vient caresser comme une bête Et faire respirer leurs beaux ventres vernis.

La Seine de Paris sans verdure et sans grève, Je voudrais la quitter pour m'en aller comme eux, — Passant au fil de l'eau par Rouen et la Hève, — Regagner l'estuaire avec son cap brumeux.

Car ils vont jusqu'au bout de ma Seine normande, Et moi, certains soirs lourds ou certains matins clair Je sens, rien qu'à les voir, que mon âme demande Quelque chose… Et je suis en peine de la mer.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LES CHALANDS · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove