Pauvres adieux dont on revient
Sans avoir pu lâcher son bien
Parce qu'on a besoin d'adorer quelque chose
Parce que la vie est mauvaise et morose…
Après tout, je te prends comme je prends la vie.
Elle aussi, c'est une drôlesse
Avec de bons moments, suivis
De mauvais, qui pour la plupart du temps vous blesse,
Mais que jamais pourtant on ne laisse.
Toi, mon enfant, tu m'as fait à la longue
L'âme d'un amoureux sceptique et fatigué
Allant vers toi, ni triste ni gai,
Comme vers une belle bête blonde
Dont on ne peut sans fin se griser,
Quoiqu'elle s'énerve et se rebiffe
Et vous fasse mal de toutes ses griffes…
— Mais si bonne à mordre et baiser !
Peut-être que tu valais mieux,
Peut-être que je valais mieux,
Mais on s'est fait si vieux, si vieux…