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1902

LENDEMAIN

Lucie DELARUE-MARDRUS

Pauvres adieux dont on revient Sans avoir pu lâcher son bien Parce qu'on a besoin d'adorer quelque chose Parce que la vie est mauvaise et morose…

Après tout, je te prends comme je prends la vie. Elle aussi, c'est une drôlesse Avec de bons moments, suivis De mauvais, qui pour la plupart du temps vous blesse,

Mais que jamais pourtant on ne laisse. Toi, mon enfant, tu m'as fait à la longue L'âme d'un amoureux sceptique et fatigué Allant vers toi, ni triste ni gai,

Comme vers une belle bête blonde Dont on ne peut sans fin se griser, Quoiqu'elle s'énerve et se rebiffe Et vous fasse mal de toutes ses griffes…

— Mais si bonne à mordre et baiser ! Peut-être que tu valais mieux, Peut-être que je valais mieux, Mais on s'est fait si vieux, si vieux…

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