Dans le jardin, le vent nous pousse,
Et pourtant on ne le voit pas.
Nous avons beau lui crier : « Pouce ! »
Rien n'arrête son branle-bas.
Quand nous courons sur les pelouses,
Il court encor plus fort que nous.
Tantôt il colle à nos genoux,
Tantôt il nous gonfle nos blouses.
Aussi brusque que les garçons,
Il tire les robes des filles.
Il nous roule comme des billes,
Il a de mauvaises façons.
Pourtant quelle amusante chose
De sauter à travers le vent !
On a la figure plus rose
Et tous ses cheveux par devant.
On est comme l'herbe et la branche,
Tout malmené, tout secoué.
On n'a pas besoin de jouer.
‒ Oh ! Qu'il fasse du vent dimanche !