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1932

LE SUPRÊME SOUVENIR

Lucie DELARUE-MARDRUS

J'ai vécu ma vie, à présent, Puisque la jeunesse me quitte. Le temps fuit de plus en plus vite, Mon cœur va toujours s'apaisant.

Je regarde à travers la brume Que font au loin tous mes passés. Bien des contours sont effacés, En quelques mots je me résume.

Les événements, les amours, L'âme ardente qui se soulève, Tout cela n'est plus rien qu'un rêve. La nuit tombe, les jours sont courts.

A l'heure où viendra l'agonie Je ne verrai probablement, Après mon histoire finie, Lumière du dernier moment,

Ne verrai, prunelles tournées, Qu'un petit souvenir perdu, Instant de bonheur éperdu Quand j'avais deux ou trois années.

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