Skip to content
1901

LE SOMMEIL II

Lucie DELARUE-MARDRUS

Les pierres des colliers s'éteignent une à une Dans cette nuit fatale où ne luit pas la lune. Endors-toi longue sur ta couche Avec tous tes colliers éteints autour du cou,

Avec l'âme on ne sait où, Avec une fleur à la bouche, Avec tes bagues d'art jusqu'au bout des phalanges. La veilleuse a forgé des fantômes étranges

De son vacillement qui rampe par la chambreDe son vacillement qui rampe par la chambre Et fleurit le plafond de grands astres muets Et remue, aux recoins, des ombres qui dormaient. repose jusqu'au jour ; à moins que, pour te voir,

Dans tout ce clair obscur en agitation, Ne vienne sur tes seins tout doucement s'asseoir Le chat noir inquiet de ton sommeil profond Qui fixera sur toi, dans la tiédeur des plumes,Qui fixera sur toi, dans la tiédeur des plumes,

Ses deux yeux ronds et clairs comme deux pleines lunes…Ses deux yeux ronds et clairs comme deux pleines lunes…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.