Doucement retrempée au charme de l'absence,
Tu reviendras au clair d'un matin triomphant,
Et nous nous étreindrons dans la grande innocence
Du retour, qui nous donne un cœur joyeux d'enfant.
Tu me rendras ton corps tendre et chaud qui se couche
Comme un doux animal flexible, tes cheveux
Qui ont gardé tous les minuits de lune en eux,
Et le beau fruit luisant et rouge de ta bouche.
Je reverrai tes yeux d'eau sombre et de clarté
Où la tristesse raille, où ton audace cligne,
Tes yeux qui vont fuyant la lumière maligne,
Tes yeux troublés de vice et durs de vérité.
Je te reprendrai toute et toute, O décevante !
Et si je sais déjà le mal que tu feras,
A mon cœur et mes sens passionnés d'amante,
— Ah ! qu'importe !… Tu reviendras ! Tu reviendras !