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1901

LE RETOUR

Lucie DELARUE-MARDRUS

Rôde à pas lents au parc mystérieux Où tes deux yeux profonds s'étaient remplis d'automne, Et où à présent tu t'étonnes De ne plus piétiner ton rêve soucieux

Parmi le froissement jaune des feuilles mortes, Et de voir que partout triomphe l'été vert. Puis tu t'en iras par les grands prés vers la mer ; Puis tu t'en reviendras par la petite porte

Hanter les potagers lourds de légumes gras, Gais de leur symétrie étroite et maraîchère,Gais de leur symétrie étroite et maraîchère, Et le mignard jardin aux flores d'apparat Aussi riches que des joyaux,

Strictement répété à rebours dans les eaux De l'étang clair où choit la source : Afin qu'en ta première course Tu puisses sourire à tous ces coins qui l'accueillent,

Qui te saluent avec leurs feuilles, Avec leurs fleurs des champs, avec leurs fleurs de serre, Avec les vagues de la mer, Avec les buis naïfs et crus des potagers,

Pour, après, revenir à la maison âgée Qui est un peu une grand'mère Et où tu sentiras tant d'intime douceur Que tu croiras tout bas avec des larmes claires

Que quelqu'un au retour te presse sur son cœur.

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