L'innomable, le seul, l'éternel, l'Absolu
Reste immuablement le sommet et la base
De l'être, n'attendant nulle future phase,
Pour qui le temps, jamais, ne sera révolu.
Et, vers le grouillement d'êtres qu'il a voulu,
Mal vivant qui parmi l'univers s'extravase,
Il ne peut se pencher que par une hypostase
Qu'entrevoit seulement quelque sublime élu.
Cependant que, sans fin, la meute s'exaspère
Des foules qui, devant cette énigme du Père,
Hurlent de désespoir, de doute et de terreur,
Et que les piétés se taisent, infécondes,
De crainte que l'appel infime de leur cœur
Ne se perde à jamais dans le remous des mondes.