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1901

LE FILS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Mais voici que, parmi l'horrible bacchanal, Le Père engendre un Fils infiniment auguste Dans le but de laisser à l'humanité fruste L'exemple de son être aimable et virginal.

Les yeux levés, au cours de son chemin banal, Au ciel d'où semble choir chaque hasard injuste, Il travaille, ridant ses mains, ployant son buste Voués pour récompense au supplice final,

Voulant, hôte du monde haineux, vil, triste, obscène, Traversant, os et chair, sa scandaleuse scène, Douer d'âme et de cœur ses vivants mannequins En leur montrant, par sa douceur à leur souffrance,

La part docile prise à leurs labeurs mesquins, Comment vivre en courage, en bien, en espérance.

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