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1932

LE CRI

Lucie DELARUE-MARDRUS

Les morts passés, les morts futurs, C'est bien tout comme. Le plus solide de l'homme : Ses os, car ils sont durs

Nous disons nos morts, nos mortes… En vérité Croyons-nous que nos cohortes Vont vivre une éternité ?

Demain nous serons semblables A ces défunts. Pourquoi vivre ? Épouvantables, Attendent les cercueils bruns.

Cela valait-il la peine De commencer ? Tant d'amour et tant de haine Sont tout de suite au passé.

Quand la mort va me contraindre Dans l'infini, Je lui crierai sans la craindre : — Pardon ! Je n'ai pas fini !

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