Et jusqu'où donc va me mener
L'ennui que le monde me cause ?
Ma dernière jeunesse, rose,
Est à deux doigts de se faner.
On m'avait dit que c'était l'âge
Terrible où l'on aime l'amour,
Mais je ne traîne qu'un cœur lourd
D'indifférence, un cœur si sage,
Un cœur si triste, un cœur si froid
Qu'il n'est plus une place en moi
Pour sourire à la chose humaine.
Je n'ai ni tendresse ni haine,
Je suis morose, je suis loin,
Et je ne tiens à rien qu'au coin
Où je puis m'asseoir toute seule
A remuer comme une meule
Je ne sais quel affreux dégoût
De moi-même et de tout — de tout !