En regardant sur l'avenue,
Je vois Juin : feuillage, ciel bleu,
Vent qui fait voyager un peu
La nue.
Quelqu'un des hommes de chez moi,
De l'autre côté de la brèche
Passe, portant, paisible et droit,
Sa bêche.
La ville, parmi son varech,
Repose en bas,lointaine et proche.
Une fumée en monte avec
La cloche.
Comme c'est simple, tout ceci,
Dans l'humilité quotidienne !
Il semble bien que rien, ici,
N'advienne.
Un homme allant à son labeur,
La ville au loin qui sonne et fume,
L'été qui verdoie et parfume :
Bonheur.
Qui jamais aura pu connaître
Où je plaçais ma joie à moi,
Ce que j'appelais grand émoi
De l'être ?
Ce fut lorsque j'étais sans nom,
Ignorant celui qu'on me donne,
Quand je n'étais rien ni personne
Sinon
Simplement, tranquille et profonde,
Annulée et sans passions,
Une des respirations
Du monde.