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1908

LE BAIN

Lucie DELARUE-MARDRUS

Tu sentiras ton corps rester longtemps amer De s'être trempé nu dans le sel de la mer Quand l'été flamboyant desséchait les journées, Alors que ta blancheur verdissait doucement,

Laissant passer sur elle, en un glauque tourment, La respiration des vagues alternées, Et qu'allongée au cœur des algues, sous les eaux, Tu sentais la fraîcheur pénétrer dans tes os

Et toute la saumure émouvoir tes narines… ‒ O molle floraison des choses sous-marines ! O vague ! O se rouler dans un liquide éclair Et mêler ses cheveux aux cheveux de la mer !

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LE BAIN · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove