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1932

LA ROUTE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Mon âge mûr rejoint ma rose adolescence Sans faire nul effort, mère triste qui va Retrouver dans l'Hier la fillette qu'elle a, Que toujours elle aima malgré la longue absence.

Mon âge mûr aussi, dans l'avenir trop sûr, Va visiter au loin ma vieillesse, grand'mère Qu'il faut bien consoler d'être la vieille amère A qui la longue vie a fait ce regard dur.

Nous voici toutes trois en moi qui ne suis qu'une, Et nous nous en allons en nous tenant la main, D'un pas qui traîne, vers l'identique infortune De dormir dans la terre un éternel demain.

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