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1910

LA PROMENADE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Le clair de lune fée où toute forme sombre A fait de la vallée une coupe de lait. Mais pour la promenade à pas lents qui nous plaît, L'allée au fond du parc ouvre sa porte d'ombre.

Viens ! nous y marcherons ensemble sans nous voir, Pas plus que le soleil la lune n'y pénètre, Et nous y goûterons cet étrange bien-être, Nous si vivants, d'être invisibles dans le noir.

Le respect de la nuit fait la bouche muette. Nos cœurs se berceront d'un grand rêve apaisant, Et, dans l'obscurité sans bruit, ma cigarette Brillera devant nous ainsi qu'un ver luisant.

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