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1930

LA PEUR

Lucie DELARUE-MARDRUS

Le néant, je voudrais y croire Pour simplifier mon tourment, L'attendre comme une nuit noire Où dormir éternellement.

Cependant, si la certitude Qu'il est la finale et lé but N'ouvrait plus aucune altitude Au delà de tout ce qui fut,

Si l'on m'affirmait : « Nul mystère Ne t'attend lorsque tu mourras, Quand on aura croisé tes bras Il n'y aura que de la terre »,

Alors espoir, courage, effort, Tout m'abandonnerait ensemble Car je serais celle qui tremble A ces mots : « Condamnée à mort ! »

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