Quand je serai morte, jamais
L'avril ne reviendra sur terre,
Ni cette automne délétère
Que passionnément j'aimais.
Jamais plus le vent en voyage
Dans les ciels d'arrière-saison,
N'accourra prêter aux nuages
Sa grande forme sans raison.
Jamais plus à travers les branches
L'eau luisante du mauvais temps,
Ni les nouvelles lunes blanches,
Apparition du printemps,
Jamais plus la mer sur la rive,
Sa douceur ou ses embruns fous…
Tout ce qui sur la terre arrive,
Adieu, quand je serai dessous !
Car la terre et sa vaste fête
N'existent que pour qui sait voir.
Chaque fois que meurt un poète,
Tout s'en retourne au néant noir.