Skip to content
1910

"LA MARSEILLAISE"

Lucie DELARUE-MARDRUS

Grands hommes pleins de gloire, amoureux pleins d'amour Mendiants qui vivez de misère pleurée, Vous, riches, pour lesquels l'existence est dorée, Vous, médiocres las, traînant au jour le jour,

Morceau d'humanité, grande et grouillante masse, Gens de France nourris de rires et de pleurs, Gens de France ! Un seul cœur, fait de milliers de cœurs, Palpite, quand, sur vous, La Marseillaise passe.

Dites si vous pouvez entendre cette voix Sans oublier malheur, honneur, aise et malaise ? Dites, dites, vous tous, si notre Marseillaise Ne vous redresse pas comme des coqs gaulois ?

Éclate, Marseillaise hautaine et populaire ! Tu fais chacun de nous poète, ô cri du sol ! Quelle que soit notre âme, appréhendés au col, Nous t'écoutons parler à notre'race claire.

Ton souffle, c'est celui de nos champs, prés, taillis, De nos sombres chantiers, de nos usines tristes. C'est le souffle de nos penseurs, de nos artistes, De nos grands et de nos petits, c'est le pays !

Qu'il s'exhale, ce souffle, en sa toute puissance, L'un quitte sa pensée et l'autre ses outils. Un seul élan, soudain, rapproche les partis, Et nous nous sentons tous ivres d'obéissance

Marseillaise ! On ne peut t'écouter à demi. Quand ta grande clameur parmi les cuivres crie, Quand tu nous dis : « Allons, enfants de la patrie ! » Nous voyons devant nous se dresser l'ennemi.

Quel est l'hymne, à travers la terre, qui t'égale ? Nous entendrons le chant de chaque nation, Mais aucun d'eux n'aura ta folle passion. — Près de La Marseillaise en flamme, tout est pâle.

Non ! Nous ne croirons pas notre génie éteint Tant que nous porterons, nous autres, ceux de France, Plus haut que notre joie et que notre souffrance, La Marseillaise rouge en nous, comme un instinct !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
"LA MARSEILLAISE" · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove