Skip to content
1920

L'OMBRE PORTÉE

Lucie DELARUE-MARDRUS

En deuil, je suis semblable à l'ombre De quelqu'un de toutes couleurs. Je suis l'ombre grandie et sombre D'une enfant jouant dans les fleurs

Ma tête est lourde, mon cou ploie Et je m'en vais décidément Vers peu de bruit, vers peu de joie Et ressassant toujours maman.

J'écoute si la voix câline Et vieille va dire mon nom. Mais hélas je sais bien que non, Et tout me répète :orpheline

Maintenant qu'elle n'est plus là, Que l'air soit encor respirable C'est cela, surtout, c'est cela Qui ne me paraît pas croyable.

Tout ce noir qui me vêt de deuil C'est, sur moi, restée et visible, La grande ombre portée horrible, L'ombre tout debout d'un cercueil

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
L'OMBRE PORTÉE · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove