En deuil, je suis semblable à l'ombre
De quelqu'un de toutes couleurs.
Je suis l'ombre grandie et sombre
D'une enfant jouant dans les fleurs
Ma tête est lourde, mon cou ploie
Et je m'en vais décidément
Vers peu de bruit, vers peu de joie
Et ressassant toujours maman.
J'écoute si la voix câline
Et vieille va dire mon nom.
Mais hélas je sais bien que non,
Et tout me répète :orpheline
Maintenant qu'elle n'est plus là,
Que l'air soit encor respirable
C'est cela, surtout, c'est cela
Qui ne me paraît pas croyable.
Tout ce noir qui me vêt de deuil
C'est, sur moi, restée et visible,
La grande ombre portée horrible,
L'ombre tout debout d'un cercueil