Puisque tu ne veux plus m'aimer, indifférente,
Et puisque rien ne peut, froide, te réchauffer,
Je veux, quand tu viendras, crisper ma main errante
A ton beau cou d'ivoire afin de t'étouffer.
Ou plutôt, comme la pitié pourrait me prendre
A voir ta bouche blême et tes bras débattus
Et qu'une horreur viendrait me saisir à t'entendre
Râler des mots d'effroi graduellement tus,
Je veux, ainsi qu'après une étreinte donnée,
Et me penchant sur toi comme pour un serment,
T'enfoncer dans le cœur l'épingle empoisonnée
Qui sans geste et sans cris tue hypocritement.
Ou plutôt, ou plutôt, adorée, adorée !
Si tu daignes, sans cris, sans discours, sans assauts,
Épanchant sur tes mains ma tristesse pleurée,
J'y laisserai couler mes larmes en ruisseaux.