J'ouvrirai grands mes yeux d'abîme dans tes yeux
Pour que leur regard noir reste dans ta pensée,
Ainsi qu'une clarté vive, longtemps fixée,
Inscrit dans notre vue un halo lumineux ;
Je laisserai dormir ma tempe chevelue
Au creux de ton épaule offerte, lourdement,
Afin que son ampleur grade éternellement
La place qu'y creusa la tête de l'Élue ;
Je chanterai pour toi la chanson de ma voix
Dont ton âme chérit les rires et les prônes,
Afin qu'en ton ouïe attentive, elle trône
De tous ses grelots d'or et de tous ses hautbois ;
Je mettrai mon empreinte en toi, pour que tes paumes
Ne souhaitent plus rien que ma captation,
Pour que ton cœur m'ayant en son ambition
Se sente déborder de dieux et de royaumes !