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1905

JUILLET

Lucie DELARUE-MARDRUS

L'air brûlant fait vibrer les horizons ruraux ; Un excessif soleil rend l'ombre plus profonde. Dans notre jardin calme où la verdure abonde, L'après-midi sommeille au cœur des bosquets chauds.

Voici le lierre sombre où reluit une abeille, La vigne, les rosiers, les fruits déjà joufflus. L'herbe couchée encor par le vent de la veille, Et toi !… tout ce que j'aime au monde, et rien de plus.

Pas un souffle n'atteint les roses éclatées ; Les arbres inégaux sculptent le grand ciel clair… Ah ! nous demeurerons souvent jusqu'aux nuitées Sous la tonnelle ronde où filtre un jour si vert !

Ne disons rien. Là-bas parle une voie décrue ; Tout à l'heure, un lointain chariot cahotait ; On ne sait presque plus qu'on existe. On se tait Parmi cette rumeur quelconque de la rue.

Ne disons rien. Il fait indifférent et bon ; Je viens de voir tomber une rose fanée… Écoutons, assoupis de satisfaction, Battre tout doucement le cœur de la journée

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