J'ai pendant si longtemps hurlé comme une louve
Vers ceux qui ne sont pas venus…
Les âmes que je veux, certains soirs, je les trouve
Chez les poètes morts, inconnus ou connus.
Il est, dans le passé lointain, quelques archanges
Devant qui j'aurais pu chanter.
Avec eux seulement j'ai de divins échanges,
Par-delà l'océan de leur éternité.
O mes contemporains, je suis toute vivante !
Je suis là les jours et les nuits,
Et les heures s'en vont, et ce temps que je hante
Ne sais pas s'arrêter devant ce que je suis.
Un jour je serai morte et je devrai me taire.
Vous, du moins, mes fervents futurs,
M'aimerez-vous assez, cœurs nobles, esprit purs
Que je n'ai pas connus quand j'étais sur la terre ?