Silencieuse et seule avec mon rêve amer,
Au fond de mon âme démente,
J'entends que se lamente
Toute la mer.
Elle y souffre le mal de ne pouvoir se taire,
D'être changement, mouvement,
Anxiété, tourment,
Horreur, mystère !
Elle y pleure qu'elle est insondable et sans bords,
Qu'elle roule, étrange et perverse,
Sous sa face diverse,
Tous les remords.
Elle y hurle que c'est en vain qu'elle fascine,
Que l'on devrait en avoir peur,
Que son charme est trompeur,
Qu'elle assassine !
Et cet appel, surtout, de tous ses rythmes fous
Vers le ciel qu'elle ne peut prendre,
Se mirant sans descendre
En son remous !
Ah ! cette plainte égale et double qui déclame !
Ce semblable flux de sanglots !
Ah ! tous les tristes flots,
Toute mon âme !