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1901

III

Lucie DELARUE-MARDRUS

Vieillesse vacillante et triste ou fin hâtive, L'une d'elles doit donc m'atteindre sûrement, Et je me sens le cœur pris d'épouvantement A songer qu'il faudra que je meure ou je vive.

Fantômes dont chacun à mon côté se rive, Ces deux destins me font horreur également, Tous deux étant l'atroce et lent dépouillement Qui nous prend morts ou bien à même la chair vive.

N'existe-t-il aucun Refuge où s'échapper ? Nulle épaule où pleurer ? nulle porte où frapper Quand le cœur est tordu par la détresse noire ? … Être et ne pas savoir ce qu'on est ; ni pourquoi

L'angoisse d'exister quand le suprême effroi, Le Peut-être, est au bout du chemin… Croire, oh croire !…

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III · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove