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1902

IIÈME BERCEUSE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Étant tout petits nous berçaient nos mères : Mais nous n'avons plus que nous deux au monde, Ayant tout quitté pour l'œuvre profonde D'unir à jamais nos deux âmes claires.

Mais, pour ne pas les sentir orphelines, Je serai la mère attentive et douce, Tu seras l'enfant bercé sans secousse Qui s'endort le soir dans des mains câlines.

Et j'inventerai de tendres paroles, Au bord de ton lit, dites une à une, Lorsque le rideau fleurit des corolles Dont la veilleuse est le lent clair de lune.

Pour que ta nuit, toute, en soit parfumée Et pour qu'au matin, lorsque tu t'éveilles, Le dernier discours de ta bien-aimée Te chantonne encore au creux des oreilles.

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