Étant tout petits nous berçaient nos mères :
Mais nous n'avons plus que nous deux au monde,
Ayant tout quitté pour l'œuvre profonde
D'unir à jamais nos deux âmes claires.
Mais, pour ne pas les sentir orphelines,
Je serai la mère attentive et douce,
Tu seras l'enfant bercé sans secousse
Qui s'endort le soir dans des mains câlines.
Et j'inventerai de tendres paroles,
Au bord de ton lit, dites une à une,
Lorsque le rideau fleurit des corolles
Dont la veilleuse est le lent clair de lune.
Pour que ta nuit, toute, en soit parfumée
Et pour qu'au matin, lorsque tu t'éveilles,
Le dernier discours de ta bien-aimée
Te chantonne encore au creux des oreilles.