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1901

II

Lucie DELARUE-MARDRUS

Pas de mort tôt venue et de cierge qui brille, Lent et chaste au côté de la vierge qui dort ; Mais le dos que le poids de l'existence tord, Mais la face où le temps marque son estampille.

Débris que tient debout la canne et la béquille, La vieillesse, en un mot, plus triste que la mort, Peut me faire, à la fin de ce suprême effort, La vie, aïeule blanche ou bien très vieille fille.

Et j'irais par le siècle, égarée et sans lot, Gardant la peine au cœur, le dégoût, le sanglot D'avoir perdu la vie et d'être encor sur terre ; Avec le navrement des désespoirs vécus

dans les yeux, je serais l'ambulante misère, La laide, qu'à sa mort nul ne pleurerait plus.

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