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1901

I

Lucie DELARUE-MARDRUS

Un jour, tu sentiras ton âme fiancée Au grand, avec l'instinct dès lors jamais ôté D'aller se consoler au sein de la beauté De tout ce qui la fit douloureuse et lassée.

Or, tu verras le monde autour de toi ; poussée Coude à coude, cohue où la banalité Domine, où l'implacable et froise vanité Finit par pervertir toute haute pensée.

Alors tu rêveras de quelque grand lointain Tranquille, grave, pur d'ambitions pareilles, Où fuir les yeux fermés, les paumes aux oreilles, Pour, heureux du Refuge à tout jamais atteint,

Y reposer ton cœur et ton âme amoureuse De calme, hors du bruit de l'existence creuse.

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I · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove