Un jour, tu sentiras ton âme fiancée
Au grand, avec l'instinct dès lors jamais ôté
D'aller se consoler au sein de la beauté
De tout ce qui la fit douloureuse et lassée.
Or, tu verras le monde autour de toi ; poussée
Coude à coude, cohue où la banalité
Domine, où l'implacable et froise vanité
Finit par pervertir toute haute pensée.
Alors tu rêveras de quelque grand lointain
Tranquille, grave, pur d'ambitions pareilles,
Où fuir les yeux fermés, les paumes aux oreilles,
Pour, heureux du Refuge à tout jamais atteint,
Y reposer ton cœur et ton âme amoureuse
De calme, hors du bruit de l'existence creuse.