On nous dit un jour : « Il est décédé. »
Et nous, vers le ciel, nous levons la tête.
O linceul, cercueil, dernière toilette !
C'est plutôt en bas qu'il faut regarder.
L'au-delà qu'on cherche au fond de l'espace,
Dans le vide bleu qu'on aime et qu'on craint,
L'au-delà des morts, il est souterrain.
Ne savons-nous pas juste à quelle place ?
L'au-delà des morts, pauvre et funéral,
Il n'a que six pieds au creux de la terre.
Et qui nous dira si le grand mystère
N'est pas de muer l'homme en minéral ?
Cet aimant auquel notre pas s'attache,
Par qui nous traînons notre pesanteur,
N'est-ce pas cela, sans que nul le sache,
Ce qu'on nomme ciel, éternel bonheur ?
Descendre à jamais vers l'obscure force
Qui mène le feu, l'eau, la terre, l'air,
Vers l'attraction électrique et torse
Qui règle l'amour et règle l'éclair.
Vers cet Inconnu du centre du globe
Dont nous nous servons sans en savoir rien,
Si c'était cela le suprême bien
Que toujours on cherche et qui se dérobe ?
Si c'était cela le suprême lieu
Si longtemps rêvé par delà les astres ?
‒ Après l'existence et tous ses désastres,
Retourner au sol… retourner à Dieu !