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1902

HURLEMENT

Lucie DELARUE-MARDRUS

Je connais l'angoisse de voir Sa taille se cambrer dans mes mains insensées, Ses yeux bleus qui tournent au noir, Son sourire vaincu, ses narines pincées,

— Et de vouloir l'étreindre et de ne pas pouvoir. Je mourrai de son corps qui se donne et qui ploie ; Je mourrai de sa profondeur Étroite et douce ainsi qu'une amphore de joie,

Et que je ne puis pas blesser comme une proie Sous mon baiser dominateur. — Sur ton funèbre lit d'ivresse et de douleur, A jamais dévouée à ton spasme terrible,

Je mourrai de ton mal, Impossible, Impossible !… Avec tous les sanglots de Sapho dans le cœur !

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