J'ai revu ma logue avenue
Toute nue.
Rien, rien sous les arbres sans vert,
Que l'hiver.
Plus belles étaient les nuées
Dénouées
De s'accrocher dans leur essor
Au bois mort.
Plus formidable la rempête,
Cette fête,
D'être seule à vivre en couleurs
Sans les fleurs.
L'hiver m'a dit : « Dans mon domaine,
Qui t'amène ?
Que viens-tu faire dans la mort,
Mer sans bord ? »
J'ai dit : « Je sens que sous ta mousse
Sèche, rousse,
La primevère que l'on sait
Va pousser.
Tu n'es pas la mort plénière
Ni dernière.
L'éternité, dans ton cœur noir,
Crie : Espoir. »