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1930

HIVER

Lucie DELARUE-MARDRUS

J'ai revu ma logue avenue Toute nue. Rien, rien sous les arbres sans vert, Que l'hiver.

Plus belles étaient les nuées Dénouées De s'accrocher dans leur essor Au bois mort.

Plus formidable la rempête, Cette fête, D'être seule à vivre en couleurs Sans les fleurs.

L'hiver m'a dit : « Dans mon domaine, Qui t'amène ? Que viens-tu faire dans la mort, Mer sans bord ? »

J'ai dit : « Je sens que sous ta mousse Sèche, rousse, La primevère que l'on sait Va pousser.

Tu n'es pas la mort plénière Ni dernière. L'éternité, dans ton cœur noir, Crie : Espoir. »

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