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1905

HEURES

Lucie DELARUE-MARDRUS

Sans nous retourner, sans rire et sans bâiller, Nous avons regardé, pendant bien des heures, Fatigués de tout, des gens, de leurs demeures, La bonne vie au soleil du poulailler.

Les poules… Leur foule chaude se mêle, Noire et jaune. Et l'on voit luire un reflet vert Sur trois culs touffus ou sur le bord d'une aile. L'une marche en causant, le bec entr'ouvert.

Le coq est un galbe posé sur deux pattes Avec une crête et une queue en rond, Qui, parmi les petits chapeaux écarlates Des Dames, debout, chante comme un clairon.

Dans un recoin obscur brille un peu de paille. Une poule, avec un œil brillant et sec, Choisit sa place pour un bon coup de bec Sur la tête de la plus proche volaille…

On crie, on pond, on vaque, on reçoit des coups, On nourrit sa faim toujours inassouvie, On se livre à l'amour péremptoire et doux ; Puis on se perche pour dormir… Et c'est la vie.

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