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1901

HEURE AUTOMNALE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Je me suis accoudée à voir mourir l'automne A mon petit mur bas, près du bruit monotone De la source tombant dans le vert de l'étang, Et d'où je vois les prés au bout desquels s'étend

La clarté de la mer entre les branches rousses. Les oiseaux ont encor quelques notes très douces Et remplissent tout seuls avec leur petit chant La campagne où le jour traîne comme un couchant,

Tant y stagne d'ennui morne et de léthargie ; Et, près de moi, l'été parti se réfugie Tout entier dans le cœur d'une dernière fleur Que pousse un dahlia simple, comme vainqueur

D'être, seule fraîcheur du dehors en désastre, Plus rouge qu'une bouche, éclatant comme un astre.

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