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1908

HÉSITATION

Lucie DELARUE-MARDRUS

Mes pays d’autrefois, aies deux pays premiers, Paris et ma côte normande, Lorsque je suis au loin, mon âme redemande Votre ciel nuageux, vos toits ou vos pommiers.

Cependant m’avez-vous, en vérité, reprise ? Et mon cœur, revenu parmi votre air subtil. N’est-il pas encore en exil. Verte campagne et ville grise ?

O prés ! O ville ! O terre où sont mes anciens pas, Je porte en moi l'inquiétude et l’insolence De me souvenir en silence Que j’ai marqué mes pieds sur d’autres sols, là-bas.

Hélas ! je comprends moins votre douce lumière Pour avoir vu flamber des ciels plus inouïs… — Quiconque trop longtemps a quitté son pays N’y peut plus rapporter son âme tout entière.

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