Mes pays d’autrefois, aies deux pays premiers,
Paris et ma côte normande,
Lorsque je suis au loin, mon âme redemande
Votre ciel nuageux, vos toits ou vos pommiers.
Cependant m’avez-vous, en vérité, reprise ?
Et mon cœur, revenu parmi votre air subtil.
N’est-il pas encore en exil.
Verte campagne et ville grise ?
O prés ! O ville ! O terre où sont mes anciens pas,
Je porte en moi l'inquiétude et l’insolence
De me souvenir en silence
Que j’ai marqué mes pieds sur d’autres sols, là-bas.
Hélas ! je comprends moins votre douce lumière
Pour avoir vu flamber des ciels plus inouïs…
— Quiconque trop longtemps a quitté son pays
N’y peut plus rapporter son âme tout entière.