Skip to content
1920

HANTISE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Toujours, toujours je pense aux pauvres vieilles femmes Qui s'en vont tristement finir à l'hôpital, Qui pendant de longs jours, et quand elles ont mal, N'ont personne autour de leurs âmes

O pauvres corps jetés dans les lits douloureux, Rien, rien qu'indifférence autour de vos supplices, Et lorsque vous avez de ces petits caprices, Pas d'enfant penché sur vos yeux

Pas de cœur déchiré près de votre agonie, Personne qui sanglote en appelant : « Maman ». Nulles lèvres, aux mains d'une mère bénie, Les baisant passionnément

Nul visage au chevet L'infirmière marâtre, Qui, lorsqu'enfin la mort aura calmé vos traits Ne songera pour vous qu'à d'horribles apprêts Pour la morgue ou l'amphithéâtre…

Toujours, toujours je pense en pleurant à cela, Depuis que j'ai bercé ma mère agonisante. Et, dans un rêve affreux qui sans cesse me hante, Je vois mourir ces vieilles- !à.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
HANTISE · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove