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1902

FURIEUSEMENT

Lucie DELARUE-MARDRUS

Je veux te prendre, toi que je tiens haletante Contre mes seins, les yeux noirs de consentement ; Je veux te posséder comme un amant, Je veux te prendre jusqu'au cœur !…Je veux te prendre !…

Ah ! rouler ma nudité sur ta nudité, Te fixer, te dévorer les yeux jusqu'à l'âme, Te vouloir, te vouloir !… Et n'être qu'une femme Sur le bord défendu de la félicité !…

Et m'assouvir d'une possession ingrate Qui voudrait te combler, t'atteindre, t'éventrer, Et qui n'est rien qu'un geste vain d'ongle fardé Fouillant de loin ta chair profonde et délicate !…

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